Delahaye VLR
Conçue par les ateliers Delahaye dans l’après guerre (1949) pour remplacer les célèbres Jeep US, le VLR (véhicule de liaison et de reconnaissance) était pour l’époque un 4×4 moderne. En effet il était doté de 4 roues indépendantes, d’une boite de vitesse synchronisée, de blocages avant et arrière, etc…
Cependant son poids et son entretien compliqué et minutieux, contrairement aux jeep Willis et Ford qui privilégiaient la rusticité et la simplicité, ont été un frein à son développement. Sa production s’est arrêtée en 1954 alors que Delahaye avait été racheté par Hotchkiss.
La Delahaye que je vous présente est un véhicule familial, transmis depuis 3 générations au sein de la même famille. Elle a été achetée en 1958 et daterait de 1951. Son premier propriétaire (le grand père de l’actuel conducteur) l’utilisait pour prêter main forte à la Société des Remontées Mécaniques de Val d’Isère.
Comme l’état du 4×4 était déclinant après un demi siècle, sa restauration a été confiée à Modulauto et « il fallait être passionné pour accepter le challenge, beaucoup de pros ont refusé à cause du travail de recherche de documentation et de celui de recherche de pièces d’origine avant que nous, nous acceptions »
L’équipe a du résoudre quelques soucis :
– freins et direction défectueux
– le moteur ne démarrait plus, l’allumage était hs
– échappement à remplacer
Comme le dit Christophe Girard : « le plus dur n’a pas été réparation en tant que tel, mais plutôt la recherche de pièce d’origine« . Car même si certaines pièces de la Delahaye étaient communes aux moteurs des Frégates et Goélettes de chez Renault, d’autres comme la direction ont nécessité de multiples heures d’investigation sur le internet, dans les salons et brocantes spécialisées dans les pièces d’anciens véhicules.
Modulauto a du fabriquer les outils spécifiques pour le démontage et le remontage de certaines pièces, les documentations techniques ont été très utiles.
Au final après une centaine d’heures de travail, le résultat est à la hauteur, sur le siège (dont manquent encore les coussins… c’est quelque peu douloureux pour le postérieur…) on à l’impression que le temps s’est arrêté et que le véhicule sort de sa chaine de production. La « mamie » démarre au quart de tour et roule vaillamment sur route et chemins (si on n’oublie pas de faire le plein…).
Je vous prie de croire que c’est un réel plaisir que de rouler les cheveux au vent en prenant le temps de regarder le paysage et les regards mi surpris mi amusés des gens qui croisent notre jeep française. Enfin un 4×4 qui attire le regard et qui est sympathique, comme quoi tout espoir n’est pas perdu pour notre passion…. une des solutions serait donc de rouler en ancienne … voilà qui va faire plaisir aux divers club de 4×4 à lames tels que le temps des séries et autres jeepers fan de Willys.
Elle a quand même une bonne bouille cette Delahaye avec ses grand yeux ronds enfoncés dans la calandre, son phare central protégé derrière un grillage industriel et ses feux de black out.
Le pare brise est rabattable et scindé en deux demi vitres qui peuvent s’entrouvrir.
Le poste de pilotage est 100 % pur jus militaire.
Notez les leviers de gauche à droite :
Commande de réducteur et de crabotage de pont
Levier de vitesses
Commande de blocage des différentiels
La plaque indicatrice des leviers et gonflages
Le tableau de bord en gros plan
Le pédalier avec le commutateur de code au pied.
Le système de clignotants pour le moins original…avec dans la gorge le petit moteur électrique permettant de faire sortir et rentrer l’indicateur.
Le moteur des essuies glaces et sur la gauche le boitier qui fait permet de faire le contact électrique lorsque le pare brise est en position haute.
La Delahaye pouvait être bâchée.
Détail du système dépliable pour la capote.
Fixation de la bâche.
Etrange position que celle du réservoir situé sous le siège conducteur, pour une fois la place du mort est à gauche.
Réglage des sièges.
Les batteries (la version militaire est en 24 V) sont situées sous le siège passager.
Entre les deux siège un rangement, caché sous une plaque métallique ancêtre de l’alu strié, peut être est ce là le premier cubi box de l’histoire du 4×4.
A l’arrière se trouve une banquette bordée par des coffres doté de poignées de maintient pour les passagers.
Les pares chocs arrière étaient plus que rudimentaires mais costauds, en plus du porte roue de secours se trouve un logement pour un jerrycan US.
Le moteur de 2 l de cylindrée et quelques détails.
Plaque du filtre à air
Fiche technique :
Moteur : | Delahaye type 182, 4 cylindres en ligne |
Cylindrée | 1 992 cm3 |
Puissance : | 58 CV à 3600 tours |
Boîte de vitesses : | synchronisées avec réduction |
Différentiels : | AV et AR avec blocage |
Suspension AV et AR : | barres de torsion |
Pneumatiques : | 7,00 x 16 |
garde au sol : | 34 cm |
Pente maximum pouvant être gravie : | 60 % |
Angle d’approche : | 57° à 62° |
Angle de sortie : | 42° |
Gué franchissable | 60 cm |
Réservoir : | 56 l |
Consommation : | 1- à 18 l/100 km |
Poids à vide : | 1.400 kgs |
Longueur : | 3,51 m |
Largeur : | 1,63 m |
Hauteur : | 1,85 m |
Vitesse maxi : | 100 km/h |
Production : | 9.263 exemplaires |